Sénégaltérité

Publié le par Pierre Sirère

Sénégaltérité
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en regardant les pécheurs ce matin, ça m'a rappelé un truc essentiel, qu'il ne faut absolument pas perdre de vue,

c'est qu'ici,.....on vit au jour le jour.

mis à part la réception d'un "Western Union",

envoyé par un parent de "Toubabie",un "francenabé", la priorité quotidienne c'est le repas pour la famille, demain est un autre jour.

La famille ici, par la polygamie, solidarité, le fait qu'on regarde pas trop la télé, c'est avec beaucoup, beaucoup d'enfants, quand y en a pour 20, y en a pour 40.

Dans le quartier, j'ai mon chouchou, haut comme 3 pommes, un sourire sur pate, il fait le tour des familles, tout les jours, il a sa tournée, il finit les bols de riz au poisson dans toutes les maisons. on l'appelle " l'antiquaire",

ici, pas de SDF, un fou par quartier, qui vit dans un tas de carton, sous une cabane de tôles ondulées rouillées, il suit ou précède "antiquaire", dans la tournée des fonds de bols, juste avant les chats et les biquettes,

tout le monde mange, ça fonctionne plutôt bien, Le repas assuré, l'aprés midi sera à l'ombre, sur la natte, rythmé par les visites de vendeurs ambulants, balais, produits d'entretiens, chinoiseries, prét à porter "venant", .....essayaze, tressage pour les femmes, sport pour les garçons, prières et autres lectures divines, en attendant ceux qui travaillent, si il y en a.

" en voie de développement", c'est le terme je crois. Je deviens Sénégalais, pour mes petits déplacements, je ne prend plus les taxis à 1000fcfa individuel, je prend ceux à 100fcfa collectifs,

en m'excusant d'ètre boumak, plus joli que gros. je vais moins au supermarché toubab, plus à la boutikbi,

j'achéte au poid, à l'unité, un sachet d'huile, un tapalapa, pain local, deux dosettes de Nescafé, le sucre, le beurre et la farine au gramme, les cigarettes à l'unité parfois.

Lors de mes déplacements motorisés, je connais toutes les oasis, et leur variétés.... du soudeur mécaniqueur au point d'eau, les clandos et leurs agapes. j'ai une licence sénégalaise en : gestion de jauge d'essence, niveau "taximan" local..

Le soir venu, moi aussi je sorts ma chaise, comme chez moi quand j'étais petit, sauf que je suis avec les gorgui, les vieux, aujourd'hui, géopolitique et tradition, la discution est animée un poste de radio à pile au milieu égraine des chats religieux, les enfants jouent aux billes,ou au ballon, à la lumière de l'ampoule que j'ai laissée allumée exprès,

les dames discutent autour du brasero ou grillent des arachides, les jeunes filles montrent leurs achats de "venant" du jour, les bébés tètent, ou dorment déjà, accrochés dans le dos de leur maman, de leur tante, leur grande sœur,

les moutons rentrent manger, dans les maisons de leurs propriétaires respectifs, ils ont passé la journée à brouter dans le quartier,

Une journée se termine.

Au fil du temps, Sénégalaisement, je me transforme,

je comprend mieux le sens des chemins, de là bas, à ici. J'y ai mème participé, au travers d'Mbaye et Mariem partis travailler en France, avec lesquels nous avons travaillé et partagé nos histoires.

On a participé à leur formation ici, on les a accompagnés dans leur migration

Ils savent ce que je vis, ...et réciproquement,

arriver à se mettre à la place de l'autre,

c'est ça non, l'altérité ?

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P
Ceux qui travaillent donnent la quasi totalité de leur salaire à la famille. Sinon les mamans vont vendre des beignets ou autres petites douceurs pour compléter la dépense quotidienne
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M
Tomorrow just anotehr day ..
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M
Tomorrow just anotehr day ..
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