Compte à rebours, jour 7
-« j’arriverai dans une semaine, entre 18 et 19h… »
j’ai l’habitude, j’en ai fait plein des descentes, un peu moins de remontées, j’adore ça….
Matin tin tin, mon copilote est prêt, détendu et en confiance, lui c’est sa première fois, il a 15 ans, et moi j’ai juste le permis…
C’est l’heure de la montée, la circulation est dense, les bords de routes très animés, ils vont au travail, nous, nous partons pour 5300km de surprises, de rencontres, d’émotions, de doutes, de quoi se sentir bien vivant…
Mon copilote est bavard, curieux, nous sommes originaires du même coin, on a pleins d’amis en commun, il a vécu les années Psyché et Syncro comme moi, un ciment évident entre les deux Pierre.
9h, on passe Thiès, direction St Louis, vers Midi pour rejoindre le barrage de Diama et sa frontière, si les pandores ne nous retardent pas trop, surtout à Kebemer, ils ont une belle réputation de « mange mille « …
On ne se fait arrêter qu’une ou deux fois, et par des curieux sympathiques, et on arrive comme prévu à 12h30 à Diama, à peine tombé de la voiture, elle est très haute, la descente est difficile et la remontée à l’élégance impossible, j’entend:
-« Oooooh Perpignan !!!! Tu es venu ! »
Identifié, reconnu, accompagné, les formalités sont rapides, je montre les photos, explique le truc, le sac avec la colle, le pinceau dans le coffre, ils ne comprennent pas tous mais ils aiment bien, on quitte le Sénégal en traversant le barrage, direction les douanes Mauritaniennes de l’autre côté…
un Facilitateur connu me reconnaît, c’est le neveu d’un vieil ami de St Louis, le patron de la police des étranger, la BMS, il prend nos passeports, nos E Visas obtenus grâce à Raba, mon Facilitateur du nord, les papiers pour le convoyage de la voiture, et attaque les formalités, il fait chaud, très chaud, on attend …
-« monsieur Pierre, y a un problème, un gros, la procuration du propriétaire de la voiture n’est pas légalisée… »
qui dit gros problème dit grosse solution en numéraire… après négociation, on la trouvera…
-« par contre pour le Maroc, vous aurez la même histoire, il vaudrait mieux faire le nécessaire avant demain et la frontière nord »
On appelle Charles ,le propriétaire du véhicule, qui va s’en occuper, il est 15h, il a peu de temps pour trouver ,ou fabriquer un tampon et m’envoyer le document via whatsapp, pour son impression, Olivia est équipée.
On sort de la douane, on est en Mauritanie, on s’arrête payer l’entrée de la réserve naturelle, on discute un peu avec les gardes, ils nous conseillent de prendre la piste en face, une nouvelle, neuve avec un pont, je ne les écoute pas, je prend l’ancienne, la digue, celle où l’on voit le plus d’animaux…
Ma chérie nous a préparé une petite glaciaire, vache qui rit, bien sûr, chips, et des sandwichs au poulet, on picore en évitant les nids d’autruches…
Un panneau rouillé au bord de la piste, pose de la deuxième photo, on galère un peu, la piste est en hauteur, le vent nous gêne mais on fini par y arriver, l’enfant aux pastèques a trouvé sa place…
Toutes les photos sont équipées de QR code que gère mon ami Yves, on y incriminera les textes, celui là y compris, au fil de la remontée pour que les gens comprennent l’histoire… pour cette photo là , je ne pense pas qu’elle va être scanné souvent, elle est vraiment au milieu de rien…..
La piste est belle, beaucoup de phacochères, en famille, on traverse un troupeau de zébus, des singes courent sur la piste au loin, je me régale, on se perd, on se retrouve, direction Nouakchott par la nationale au goudron dentelé …
Des Check point, pleins, très sympathique comme d’habitude, curieux de ces deux vieux jeunes hommes dans ce véhicule improbable….
C’est long, très long, la fatigue commence à se faire sentir à notre arrivée à l’entrée de la ville, je me rappelle, prendre sous la voie « rapide » direction le port puis longer la mer pour contourner le centre ville chaotique…..
Je vais trop loin, et on repique au rond point de la théière et on cherche celui des dauphins, après je sais, on galère un peu, ça ne parle qu’arabe, mais on finit par arriver chez Olivia, à l’auberge Jeloua, une perle dans la jungle…
Jus de fruit délicieux, belle chambre, première étape bouclée, dans les temps, il est 18h45, une bonne douche, on a réussi à passer deux bières à la frontière, on se les réserve pour un petit apéro sur le roof top, cet endroit est vraiment remarquable….
Olivia arrive plus tard, on se retrouve comme ci on ne s’était jamais quitté, discussion, elle adore l’histoire des photos et me propose de la poser elle, ce sera mieux fait, je n’en doute pas, la soirée sera courte, on est fatigué, demain la frontière nord, Mauritanie/ Maroc, avec une pose de photo, inchalaaaaaa.