Poésie Fép

Publié le par Pierre Sirère

L'heure n'est plus à la poésie, pourtant,  pour moi elle survient encore toutes les nuits , lors de mes éveils nécessaires, de belles pensées, des mots retrouvés, des rimes riches, un rythme, parfois des refrains d'une chanson, une berceuse sans doute, je me rendort et j'oublie, reste un souvenir de ressenti d'un beau poème inachevé....

Toute ma vie on m'a traité de rêveur, comme si c'était une insulte de rêver, petit  on s'inquiétait presque de mon auto suffisance imaginative, seul, dans mes histoires, ignorant l'ennui, je me racontais des histoires plus fantastiques les une que les autres, elles continuaient souvent la nuit,  en rêves ou en cauchemars, ça dépendait si ça se terminait bien ou pas....

Ce qu'il reste de cette nuit est une humeur nonchalante, comme un jour de pluie, et ça tombe bien....

Le cadeau du ciel nous a gâté cette nuit, au réveil les oiseaux piaillent à tout va, les insectes voltigent,  leur petit déjeuner sera gargantuesque, tous se gavent à part Bernard le Tisserin qui visiblement a eu des dégâts sur son nid en construction,... il fait des aller et retour entre le palmier et le Koria portant à chaque passage un serpentin végétal, vu les débris au sol, c'est un gros chantier....

La pluie a repris, tonnerre en ligne de basse on l'entend arriver, puis le bruit se fait plus dense, la fraicheur l'accompagne, les odeurs changent, moins nombreuses mais plus marquées, faites de parfums de terre et de fleurs, avec des passages iodés, l'océan n'est pas loin, et l'averse en arrive.....

Clapotis dans les mini flaques qui se forment,  sur les feuilles des arbres, chaque son est différent, les chants d'oiseaux, la bande son comme prend forme, la partition s'écrit, ça ressemble à un élixir de jazz pur, primitif et déjà abouti, le mix est parfait, tantôt pianissimo, tantôt allegro, tantôt triste, tantôt gai, une symphonie qui pourrait te faire croire à une puissance naturelle  supérieure... 

J'aime les sculptures que laisse cet artiste sur le sable du jardin, au soleil rasant,  des visages apparaissent, des paysages oniriques,  des scènes épiques, des monstres,  des animaux bizarres.... Ils sont vite recouverts par les traces des vrais,  oiseaux,  grenouilles, chien et chats, trop contents de pouvoir à nouveau gambader....

Pas besoin de dormir pour rêver.

 

 

 

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