Journal du matin
Matin tin, premier gloup de café, première clope, ma chérie est réveillée depuis depuis, c'est une matinale, elle aime bien être seule aussi....
Comme tous les matins, j'appelle Papa, point sur son menu de midi, les morts célèbres ou pas dans le journal du matin, "l'indépendant" qui ne l'est plus depuis longtemps....., le jour ou il y sera, le plus tard possible, il ne s'y verra pas,..... il me commente les actualités du village, de la vallée, pas beaucoup plus loin, l'ailleurs est loin ....
Ma cafetière à poussoir est presque finie, le café est tiède, presque froid, j'écoute Jazz Radio, les infos Toubabiques de 9h.... C'est pareil, on sort pas de la vallée, le monde tourne autour de Paris, de mégapoles lointaines, et de quelques mauvais acteurs fossoyeurs , d'une mauvaise pièce de théâtre ....
Un calao à bec rouge s'approche de la gamelle de Rose, elle dort, elle a veillé toute la nuit sur notre sommeil... il a plu cette nuit, un gros orage, comme ceux de mon enfance en altitude dans les Pyrénées, les murs ont tremblé, il pluviote encore un peu, un tisserin en profite pour fignoler son dernier nid .....
On sonne au portail que je galère à ouvrir,... c'est "Youm Poubelle", avec son attelage, on a presque rien, le restaurant est fermé, il a l'air préoccupé, son cheval s'est blessé avec un hameçon qui restait dans les vieux filets quand il nettoyait le port, il nous reste du spray désinfectant, on lui en met, ça peut pas faire de mal.....
10h, un petit coup de non infos, j'appelle "John menuisier métallique", il ne s'appelle pas John, mais comme je suis le seul à l'appeler comme ça, il me reconnait instantanément.
-" Tu peux passer, j'ai le portail qui ferme mal, il a du bouger "
-" je suis loin là, vers midi, comme ça,... ça va ? "
je l'attendrai vers 17h plus, pas avant, je connais l'oiseau....
Deux petites amarantes s'ébrouent dans une flaque, la pluie a cessé, le soleil se lève, les feuilles de "l'oreille d'éléphant" aussi, les piaillements d'oiseaux ont changé de volume, la baignade du matin s'impose ....
La matinée s'écoule, c'est cool cette matinée.... a chaque changement d'heure, une bonne rafale de non infos, anxiogènes, menaçantes, la peur en bandoulière, les acteurs s'affairent, à de prospères bizness, ...
l'eau est bonne, presque fraiche, Merci la pluie! .... le tisserin me survole, ça bosse dur ce matin, une prétendante attend la fin de la construction, pour valider l'ouvrage.... c'est le troisième qu'il construit, je me demande si il n'est pas un peu polygame ...
_" chéri, il faudrait aller à la pharmacie, ça manque ...."
Je sort la "Top moto" qui porte bien son nom, je choisi l'itinéraire le moins lagunaire, le véhicule n'est pas amphibie,et j'arrive chez le vendeur de médicaments,... ici, pas besoin d'ordonnances, le pharmacien est de bon conseil, et je connais nos pathologies, j'énumère ma liste on me sert, comme à la boutique.....
Arrivé à ma suite un vieil ami du Saloum est là...y a quelques années c'était au bistrot qu'on se rencontrait, on en rigole, on va bien, on est là.
Infos de midi, les méchants imbéciles rigolos gauchistes écolos, le roi soleil, le pape, le rugby, le nouveau variant, les migrants, on ne change pas une équipe qui gagne .... je pense à la boule qui nous héberge momentanément, et me dis que pour moi migrer serait changer de sphère ... tourner en rond, c'est pas migrer ....
La bande de choucadors ( merles métalliques ) est de retour, au début je les aimait bien, aujourd'hui j'ai vraiment du mal, ils sont trop bruyants et n'apportent rien à la symphonie des habitants du jardin, c'est un peu comme un type qui jouerai faux de la trompette en plein philharmonique. Rose l'a elle aussi compris, d'autant qu'ils tapent dans sa gamelle, et les chasse, rajoutant ses aboiements au brouhaha ambiant ...
L'eau de la piscine s'est vite réchauffée, ma chérie lit au soleil, j'écris à l'ombre, une bonne odeur de tarte flotte au milieu des effluves de fleurs, et de gomme arabique,...en rentrant de la pharmacie, j'ai acheté des glaçons, ça va être. l'heure ....