humanité consciente

Publié le par Pierre Sirère

Tanqué dans le jardin, occupé à ne rien faire et à le faire au mieux, je n'écrirai pas , non plus, aujourd'hui... J'avais bien un truc qui me taraudait l'esprit au levé de la sieste, mais j'ai oublié, un choucador à longue queue est parti avec....

Un tisserin fait des aller et retour, construction de nid avec les languettes de feuilles de palmier qu'il tresse en forme de boule. Je le connais bien, je l'ai surnommé la loose... Il faut savoir que cet oiseau bâtisseur, construit un nid, puis fait visiter à madame, si il lui plait, ils s'y installent et y font des petits... La Loose en est à son dixième nid, j'ai assisté le cul dans l'eau, ( le spectacle est dans l'arbre qui surplombe la piscine ) à quelques visites de fiancées potentielles, je sais pas pourquoi,  mais lui, aprés l'état des lieux,  il se fait recaler à chaque fois...., Pourtant, moi, ses nids je les trouve super beaux, tous différents, chacun son style, son design, le travail d'un architecte avant-gardiste,... trop moderne sans doute, un artiste incompris  je vois que ça ....

Le choucador est revenu, il a toujours mon idée de texte avec lui .....

Je pense aux Mamadou, Ibou, Moustafa, qui un matin tournent le dos et s'en vont pour l'Europe, à pied ou en pirogue,  ce sont souvent des Mohamed, des durs, aux enfances vraie, dure et tendre à la fois, ce sont des humains, des aventuriers, avec une cause, aider leur famille,  des hommes qui n'ont plus peur de rien, qui sont prêt à tout.

Les pécheurs, Les agriculteurs, Les petits métiers de l'informel, ici, sont habitué à une vie rude dans le réel, fait d'instants difficiles, tous ensemble avec leur fils, leur père, leur cousins, leurs copains, une belle dose de "fatalisme serein" en guise d'arme absolue, ils grandissent....

Idriss et sa famille dans le Fouta marchent toute la journée à coté de leur vieux pickup, et de leurs 3 chameaux qui trimbalent le campement, sa survie l'accompagne, à la recherche d'un maigre pâturage, d'un hypothétique point d'eau, il fait plus de 45°, l'ombre est rare, le thé bouillant en rafraichissement, le Inchalaaa en bandoulière....

Abdou le petit menuisier métallique du quartier,, qui soude les pieds dans l'eau à la saison des pluies un soc de charrue pour son cousin,  fabriqué avec un bout de tôle tiré d'une vieille Peugeot cadavéré ....

Ces héros de mon quotidien je les connais assez bien, je sais la raison de cet engagement à la vie à la mort, je connais leurs familles, leurs situations, je mesure la qualité de leurs sourires, de leur belle humeur qui reflette leur courage et leur abnégation, j'aime les vrais personnes, ici, je suis servi.

Le rapport à la fin de vie et à la mort est paradoxalement trés vivant,, accepté, induit,.... on meurt à tout âge, la mortalité infantile existe, au cimetière, on voit les petites tombes en terre retournée, un ami ma raconté avoir mis le linceul de son petit frère en terre, son père était absent, et dans ce cas, c'est au plus grand de la fratrie de le faire....... Des sépultures  il y en a toutes les tailles,   des maladie inconnue, des accidents, des "c'est dieu qui l'a voulu", .... Ici, être un vieux c'est avant tout, être un survivant , le "Gorguy" est respecté, on s'occupe de lui, il transmet aux petits,.... ils jouent beaucoup ensembles aussi,... le soir lors de mes balades, j'aime les regarder, ils ont le mème âge ... 

Né dans les années 60, mes grands parents pratiquaient le "dieu merci" et le " si dieu le veut",  en catalan bien sur,... pour les récoltes, pour le commerce,  ma génération a connu le passage de la bible au catalogue Lidl price, en passant par la redoute.

J'ai vu les petits commerces de mon village disparaitre, coiffeurs, tailleur, librairie bonbons, petits artisans, et les bistrots bien sur,... quand j'étais petit il y en avait un par quartier, soit 7 ou 8 pour un village de 1500 habitants, aujourd'hui il en reste un, bar, PMU, jeux de grattage, presse,  il fait vente de gaz, point colis, presse, et plus si affinités, il survit....

 je dois aller à la boutique acheter des "Gareboillos*", des cigarettes , du "tapalapa¨" et du tonic, je sais déjà que je ne trouverai pas tout dans la meme, c'est pas grave, y en a 3 ou 4 dans les 100mt, tous trés sympas, si "ça manque", ils me le cherchent et le livre plus tard,...

Je ne compare rien, je ne juge pas non plus, je fais jamais ça,  je vis juste dans ma petite réalité, je profite de "l'avance du retard".... C'est devenu, mon humanité transversale, intégrée désintégrée, globalisée,  j'apprend tout les jours..., j'apprécie l'instant,....  demain  inchalaaaaa !!!!

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Gareboillos: serpentins insecticide

Tapalapa : petit pain mil/blé, moi je le prend "rosé", ça veut dire avec une belle croute

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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