Dimanche petit

Publié le par Pierre Sirère

Dimanche petit
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C'est dimanche, l'hiver se termine avec quelques belles éclaircis dans la vallée, j'aime pas le dimanche, le samedi libre de jouer s'est bien passé, le dimanche commence bien, un bon gros petit déjeuner, du Tonimalt, des tartines de bon pain à la mie généreuse, des confitures maisons, surtout l'abricot, il faut bien en profiter la journée s'annonce longue....

La tenue m'attend, chaussure trop petites depuis depuis, le pantalon qu'on porte haut, avec sa ceinture qui gène, la chemise qui sort, le sous pull qui gratte, et le blazer bleu marine, trop grand ... j'attend ma mamie, celle qui ne mérite pas la majuscule. 

Le chemin arpente les jardins irrigués tôt ce matin, odeur de terre, et de rosée, mamie me tire littéralement, on passe devant les poules qui se réveillent, les lapins sont sous la paille, au fond du clapier

-" Pierre !!! avance bon sang !!!! on va être en retard  !!!"

j'avance en reculons, sans conviction, c'est hyper chiant la messe.je vous serai gré de l'instant perdu, à la durée modulable selon l'évènement du jour qui a eu lieu il y a plus de 100 ans, chemin retour par le même chemin, les lapins sont biens réveillés, ça gambade au soleil, et ça sent la carotte.

La tenue m'attend, basket Adidas, survêtement du même tonneau,  ça sent l'arnaque, trop beau pour être vrai, une tenue pour aller courir dans la verte ?! .... A chacun son temple, Papa c'est le terrain de rugby, l'après  midi match, de l'équipe du village, l'EHV, ou il a eut des heures de grâce.

Je vous passe le match, on y va en famille, on a gagné! , on a perdu! , le froid au creux de la vallée, la fumée quant on souffle, l'odeur du camphre  et de l'herbe écrasée, les cris, les injures, les mamans aussi,  les bagarres, les empoignades, les mamans souvent. Un climat de haines, de joies, et de souffrances, un instant d'humanité préfabriquée pas mon truc préféré.... Le plus intéressant de cette après midi sportive, c'est l'avant au bistrot de l'oncle de papa, et l'après match dans divers établissements et il y en avait dans chaque quartier sur la descente vers la maison, j'y retrouve les copains, les papas sont occupés, un moment spécial bêtises et plus si affinités.

La descente à la maison, c'est comme la messe, la durée est aléatoire. Plusieurs paramètres : on a gagné, on a perdu, la météo, l'importance du match , et surtout, ce qu'a dit maman. Pour un perdu sous la pluie, pas important, ça durera 1 heure max.... pour un gagné, au printemps, dans les phases finales, ça n'en fini pas de la semaine....

il fait nuit, en pyjama melotoné à 4 pattes je glisse sur le carrelage froid, je tapote sur la porte de ma petite soeur, on s'installe dans le couloir, en enfilade, avec vue sur la porte du salon entrouverte, on regarde la télé, en cachette , c'est interdit....

Papa a évidement souvent pipi,  il sort du salon.... et nous attrape 

_" allez Zou !!! au lit !!!"

.....on ressort quand il a fini ....

 

 

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