Parenthèse

Publié le par Pierre Sirère

Parenthèse
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écrit en plein aterrissazzze ...

-" c'est tout droit" me dit "la machine", pas l'appareil qui te donnes la direction, mais ma compagne depuis 30 ans, elle a raison, ça l'est droit, et en plus c'est en descente.

Je ne parlerai pas de mon passage en Toubabie, le Margouillat s'en est bien occupé, mis à part la famille et les amis, c'est TOXIQUE.

Prendre la route comme à chaque fois, de chez mes parents, eux appuyés sur le portail du jardin, des signes de la main, savoir qu'on ne se reverra que dans longtemps, devant 6000 km a appréhender , à renifler, à sentir, à goûter, à manger, à dévorer par grandes bouchées, à pleines dents.

Ce sont Nos Vacances, celle ou ton esprit se perd, dans un contexte quotidien totalement renouvelé, tes pensées changent, tes préoccupations aussi, des vrais vacances de ce que tu es, une retrouvaille, une luxueuse parenthèse, un nettoyage du disque dur. 

Je zappe l'Espagne, bien qu’il y ai eut une escale amitié à Torredemar très agréable.

Le truc commence à Ceuta, au poste frontière Marocain... pas une transition, c'est un saut d'un continent à l'autre, une téléportation physique, en un instant, on est en Afrique ! un énorme embouteillaze, des centaines de mobylétes, scooters, vélos surchargés de cartons multicolores essayent de passer en force, dans les corridors grillagés, surplombés de fleurs de barbelés, des femmes, souvent voilés, des hommes en djelaba, vont et viennent à plein ou à vide, il faut coller, et avancer, ne pas faire confiance au vieux qui dit qu'il te connait, et arriver au poste de douane, police, gendarmerie et plus si affinités.

Les pandores ici, se classent en deux catégories, avec ou sans moustache, l'imberbe jeune, et le vieux moustachu, le jeune, intègre et procédurier, le vieux corruptible.

Les formalités, une fois qu'on a compris le circuit, sont folklo et tendues, le point d'orgue étant la fouille des douaniers, juste avant la sortie, il es jeune, bien rasé, uniforme repassé, galon neuf, un fier et coriace, je n'ai cette fois ci vraiment rien à déc!arer, d'illégal bien sur.

-" C'est quoi ça !!!" dit il d'un ton de moustachu

-" un modèle réduit, un hélicoptère, un jouet d'enfant "

-" non missié, c'est pas un louloucoptère, c'est un drone! et li drone, c'est intirdit au Maroc !"

et vas y qu'il me montre des vidéos de louloucoptères modifiés en armes, en caméra, presque le mème que le mien, en voulant ramener un cadeau au neveu, j'ai failli aider à la formation des terroristes, méa culpa méa grandé culpa, je propose de laisser mon arme de guerre au douanier, qui en contre partie me fera un reçu, au cas ou je ressorte par là, avant 45 jours.

La morale de cette histoire étant que si t'as des trucs qui craignent à passer, il faut acheter un drone en promo chez LIDL et le mettre bien en vue sur le chargement.

La cote est belle, maisons toutes bleues et blanches, des chantiers partout, marina, golf, on est au Maroc, ça bosse grave. Tétouan a explosé en 10 ans, c'est aujourd'hui une ville moderne, la mornée vers le Riff est toujours un ravissement, décors du début de la création, la route est meilleure, métamorphosée, on est passé d'un à trois barrages hydroélectriques en 3 ans, des ânes  surchargés, des hommes et femmes au chapeau à pompon colorés, enfin la ville bleue.

Cette descente, nous avons choisi de la faire sur nos traces, une sorte de jubilé, nos trente ans de mariage, des souvenirs avec nos enfants, mon père et mes amis avec lesquels j'ai partagé tout ça, et Chefchaouen est la première étape. 

Je dors toujours à "L'hotel du Riff"chez " Loulou son frangin et le réceptionniste philosophe, mème chambre sur la rue, pour l'écouter le soir en s'endormant, mème rituel, mème accueil, toujours une annecdote toute les dix minute, riche et jovial, j'y réalise un sans faute, avec les félicitations du jury. Loulou a raconté l'histoire de Louloup à ma carigna, on la connait mais par son créateur et avec l'accent, tu ris du début jusque à la fin, et mème aprés.

Pour ceux qui me suivront on a découvert que le bar du "Parador" le 4 étoile de Chaouén sert de l'alcool sur sa terrasse panoramique dominant le village, à des prix trés corrects, la bière "Casablanca y est fraîche à l'heure de l'appel du muezzin.

Levé matin tin, petites routes de montagne, peu ou pas d'activités agricoles, on est en septembre, la terre est au repos, on passe d'une ruralité à l'ancienne à une autre plus moderne dans la plaine, on prend l'autoroute, moderne suréquipé et vide à la fois, la classe moyenne n'y a pas encore accés, mais ça vient, beaucoup de voitures neuves, soit des Dacia, berlingot et autres kangoo, ou des Porsche, Jaguar, Bentley, pas de milieu de gamme.

Sur ce premier trajet on apprécie à nouveau cette liberté de penser, peu ou plus de panneaux de circulation ou publicitaire, à chaque virage, à chaque changement de direction, à chaque traversée de village, des odeurs, des images, un album de photos,des échanges à chaque haltes, en fond sonore une radio locale aux chansons que tu crois connaitre mais non, comme une rengaine festive, loin des interdits des cordons noir de Toubabie. 

Mohamedia, prochaine escale, c'est grâce à Mme P que j'y suis allé, elle est française d'origine et sa famille y est implantée depuis cinq générations, restauratrice depuis depuis, en place de la catégorie père et fils, une cousine,, Je ne rentrerai pas dans l'intimité des moments partagés, mais m'étendrai sur la personnalité et son environnement.

Une petite maison de plage, un cabanon luxe, un peu comme on en trouve encore au Racou, un des derniers, les étages grimpent autour, ma place de parking de l'année dernière a disparue.

Un intérieur cosy, maison de femme, de jolis meubles un peu kitch, des objets des vrais, pleins, une cheminée, un jardin extraordinaire, un chien sourd , un chat qui louche, une employée de maison qui fait parti des murs, son grand fils qui ne fait que passer, et fait bien semblant d'avoir des trucs à faire et d'ètre pressé, et Elle.  Le moins bien n'a pas sa place ici, on prend tout.

Dehors du nid Mme P se révèle, au volant de son gros 4X4, tout le monde la connait, de la mendiante au chef de la sûreté, ici c'est une grande dame, que dis je, un capitaine, un capitaine de bateau, son restaurant amiral à l'entrée du port est en forme de bateau.

Endroit magique, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu autant de cravates aux couleurs improbables.

Trés bonne table, le personnel est au méga petits oignon tendance, on flippe de mal faire devant la DG et ses amis, on en rit pas mal avec eux, des saveurs locales réinventées, de bons vins Marocain, une glace aux épices à manger les yeux fermés, un très bon moment dans un très bel endroit avec deux femmes d'exception, je me tais presque.

On traine un peu le matin, 3 heures d'autoroute pour rejoindre Hugo et sa petite famille, c'est pas trés motivant  je préfère huit heures dans le desert, mais bon on s'approche.

Le papa d'hugo a été mon ami mon mentor, mon deuxiéme papa, celui qu'on a parfois quand on commence à grandir et qu'on a quitté le nid, il a été mon témoin à notre mariage, et Hugo est son fils que j'ai connu tout tout petit quand je faisais les saisons de DJ à Syncro, il est installé avec femme et enfants à Marrakech, dans la palmeraie, et gère avec son épouse une trés belle résidence

 https://www.hotelsone.com/marrakech-hotels-ma/residence-dar-lamia-marrakech.fr.html?cur=USD&as=g&aid=51267236678&dsti=450842&dstt=8&gclid=EAIaIQobChMI5YTb-c3g3QIVguJ3Ch2mywC2EAAYAyAAEgJBSvD_BwE&akw=residence%20dar%20lamia&asrc=Search.

Retrouvaille depuis depuis, une impression de ne s'étre jamais perdu, de trés bons moments souvenirs; en partant, ces derniers mots on étés : " t'inquiètes, tu es dans ma poche".

Trois heures pour Agadir, début de journée comme les épisodes précédent, puis le moyen atlas et ses points de vus variés lointain et déchiquetés, arides et verdoyant, puis le minéral prend le dessus, la végétation disparaît, et le désert arrive.

Tout droit et en descente, on y est, du paftan, de l'herbe à chameau, l'océan à droite, à perte de vue, pour rompre la monotonie un oued de temps en temps, avec des flamands roses, ou des pécheurs, première belles dunes, des chameaux, des éoliennes pleins, des travaux partout, la route est refaite, c'est hallucinant, Nath qui n'avait pas refait la descente depuis dix ans est impressionné, et c'est pas facile d'y arriver.

J'ai appelé Ahmed la veille, il s'est excusé, on allait se croiser il accompagne sa grande fille qui fait sa rentrée universitaire à Marrakech, il nous a confié à son fils, le jeune marié l'année dernière le déjà papa cette année.

J'aime arriver à Tarfaya en fin d'aprem, quand la lumière commence à baisser, l'ambiance Corto Maltaise se révèle petit à petit, la nuit venant, le fils d'ahmed nous attend comme prévu, appart hôtel sympa, thé en terrasse du Piti Outel sans Itouale, comme d'habitude le village défile,, j'en reconnais certains, comme d'habitude LE poisson de l'épouse d'Ahmed, des légumes confits, un poisson pour douze, on laisse refroidir le thé, on fait des courses pour l'étape suivante, et on va se coucher aprés le passage de Corto.

C'est la partie que je préfère, et ça va aller crescendo jusqu'à la fin, ici commence mon vrai Maroc, le Sahara occidental en conflit depuis mon age, un fil rouge... ici commence l'immensité,, la beauté du rien, l'absolu, le calme, la volupté.

Layoune ville aux lignes droites sans fins limitées à 60km/h, dernière piqûre de Toubabie, les radars mobiles ont étés fournis par Sarko, du coup, avec ma chérie on a dit : descente sans PV au Maroc, on profite du paysage dunaire..

De nouveaux villages côtiers sont en train de naître, le Maroc peuple en cas de référendum, celles déjà en place grandissent ce sont des villes maintenant, des grues, en plein désert, des carrières, ils ont élargi la route, en un an c'est dingue.encore quelques travaux et on arrive au tropique du cancer, le minéral change en permanence, on croise de moins en moins de voiture, une impression de seul au monde trés rassurante.

Bir Gandouz arrive toujours quand on ne l'attend plus,l le village à doublé en un an, deux hôtels, deux stations services, on est à 80km de la frontière, au milieu du grand rien, un Hotel en U de deux étages,  dont le patio intérieur est recouvert par une ombrière géante, ou poussent des arbres et vivent des oiseaux, un oasis, un vrai, on y dine pas trop mal, on voit arriver d'autres voitures qui descendent et que nous recroiserons à de multiples reprises, des plus vieux que nous, ça sera facile à griller pour les formalités.

On laisse partir tout le monde, on sait que ça sert à rien, les premiers ont dormi à la frontière, et ils sont nombreux, surtout le lundi, à éviter absolument, les camions s'y sont accumulés depuis samedi soir.

On est lundi.... de loin j'estime à 200 le nombre de camions, on voit même pas les voitures de vieux, mais elles y sont, je décide de la jouer gonflé et prend la file de la remontée, ou seul deux camions se sont engagés, bon calcul, on rentre dans les premiers dans la zone frontière, passeport tamponnés on passe les douanes, on y double nos petits vieux, pas organisés au niveau papier en panique, gendarmerie royale, on rend le papier vert et feu le nomansland, un bout de goudron témoin d'une tentative Marocaine, une piste casse carter, le petit Moktar m'a reconnu, il court devant la voiture en nous guidant, puis la douane en approche prend les photocopies de mes documents et anticipe le circuit pour nous, j'aurai pu charger de l'alcool ils n'ont même pas ouvert la voiture.... je dois faire respectable ou alors c'est les yeux bleus de madame.

Conseil au copains qui suivent, arrétez vous à Rabat pour faire le visa, c'est plus sur, des fois il n'y a pas de réseau et là c'est le cas depuis 24h. Bloqué à la douane Mauritanienne une foule bigarée, , 42° à l'ombre ambiance Mad Max.

 Moktar vieux a fait remonter nos passeport dans la pile, on le voit Nath a un étuis orange, celui là il vole pas son argent, on attendra 4 heures pour finir par sortir les premiers., direction Nouakchott ou Olivia nous attend, le désert Mauritanien est le plus beau, des dunes oranges après la pluie, des acacias torturés par l’harmattan,on y est vite, trop vite.

On se perd comme à chaque fois, on trouve un monsieur sympa qui lui téléphone, et un de ses employés vient nous chercher en vélo, on y était presque, la prochaine fois je trouverai tout seul.

L'auberge chambre d’hôte Jeloua est une merveille, la fleur sur le tas de fumier, on y mange bien on y dort bien et on y croise que des gens très pointus, ONG, conférenciers divers et variés,  ils sont tous là chez Olivia, si on nous avait dit il y a 20 ans qu'on fêterait nos 30 ans de mariage dans la capitale Mauritanienne, je l'aurai pas cru.

Diner en tète à tète, apéro jus de fruits, kiwi citron poire, ça aussi je l'aurai pas cru, Olivia nous a rejoint, on partage quelques souvenirs heureux on en fabrique d'autres et au dodo, on a pas d'infos sur l'état de la piste qui mène au poste frontière de Diama, on se renseignera sur place.

Olivia nous accompagne sur la route de la sortie, -" c'est tout droit et aprés c'est la merde" nous dit elle en nous faisant le bisou d’au revoir. direction "la route de l'espoir" qui va jusque à Bamako, on bifurquera avant.

3h pour faire 150km, des tronçons refaits, assez court et peux nombreux, et d'autre défaits nombreux aux nids d'éléphants et de mammouth en grappes successives, une attention de tout les instant. ma copilote veille, on avance doucement et surement, on double nos petits vieux qui ont du encore se lever tot pour rien.

l'intersection de Diama, un black au bord de la route, 

-" la piste de Diama barna ?"

-" non mon ami, c'est fermé, il a plu 5 jours"

On y coupa pas c'est Rosso, seule consolation le goudron est neuf de là à la frontière, il pleut un peu, il fait moins chaud, on ouvre les vitres, ça sent la gomme arabique, on approche de la maison.

Les facilitateurs nous entourent, ma blonde aux yeux bleus a pris les choses en main elle aime ces confrontations, il est 13h le bac ne part qu'à 16h "comme ça" on a le temps, on finira même à manger des vaches qui rit à la clim dans la bagnole en attendant. notre facilitateur nous suivra tout du long, tant qu'à payer, autant que ça dure pas trop.

Les problèmes et complications sont du coté Sénégalais comme à chaque fois, Daouda maîtrise le circuit la "machine" ne lache rien, moi non plus en second couteau tendance machette, on finit par sortir quand nos petits vieux arrivent, escortés par un mobyléteur pour le dernier tampon, et c'est la route pour ST Louis.

La saison des pluies est passée par là, c'est vert de chez vert, il fait bon le coude à la portière, des enfants jouent dans une marre de nénuphars blancs, des zébus, des biquettes, le soleil rosit de plaisir, nous passerons le pont éclairé, majestueux à la nuit juste tombée, pour aller boire une première Flag au "Bar de la Piscine", la première affaire que nous avons créée au Sénégal, là ou tout a basculé, à Saint Louis du Sénégal, on a appelé personne, on y a beaucoup d'amis mais ils comprendront que ce voyage on avait envie de le faire tout les deux jusque au bout rek.

Soirée et nuit à la résidence, un classique indémodable, le lendemain sera sur des routes bien connues, on est rentré, on est chez nous, a case... on a redoublé une dernière fois nos petits vieux persévérants, entre Tibaouane et Thiés.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

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