Mamie is back

Publié le par Pierre Sirère

On avait mangé dans un resto de plage, on était de repos, le repos "mardical" comme on l'appelle, en sortant plus de moto, on me l'avait volé.

Ma grand mère, complice de mes aventures Saloumienne avait disparu.

-"il faut aller déclarer le vol" m'avait dit le gardien incompétent du resto, j'y suis allé, j'ai perdu 2 heures,mais ça valait le coup.

Gendarmerie de Saly, en travaux, ouverte quand même , mais derrière le chantier dans des locaux néandertaliens. des ordinateurs du moyen age, en panne bien sur, un type accroché avec des menottes dans un coin, des uniformes débraillés partout, ils parlent entre eux, en wolof, personne ne me regarde, je finis par dire à voix haute.

Je dois étre invisible ...?!" une pendorette me remarque et m'améne au bureau du responsable des plaintes.

Gros cahier d'écolier gros carreaux,ambiance nom prénom des parents, au stylo, il tire la langue en écrivant, prend ma plainte, je demande une attestation, il n'en a pas, plus de papier, machine en panne.

J'aurai quand méme droit à un :" si on la retrouve on vous préviendra " sans conviction, ça va de soi.

J'ai fait le deuil de ma moto, ma grand mére à roulette, me suis forcé à l'oublier.

Hier, Aliou et Bescaye les deux frangins mécano sont à Thiaroye, ils cherchent des piéces pour des clients,ils sont à leur compte à Mbour, ils ont une belle clientèle de toubabs les affaires ne vont pas trop mal.

A coté de Texaco, chez Mustafa , ils remarquent un 600XT, ils le reconnaissent, c'est celui de Pierre, un client qu'ils aiment bien, un drole et sympa.

C'est sa moto, bien qu'un peu désossée, ils voient leurs derniéres réparations, le boulon neuf du carter, le régulateur de batterie pas d'origine, pas de doute c'est elle !

Ils demande à Mustafa si elle est à lui, il leur répond qu'elle est à un client qui est dans le quartier en train d'acheter des piéces,

A son arrivée, ils lui tombent dessus, il dira qu'elle n'est pas à lui, qu'on lui a confié, qu'il va appeler la personne en question, mais qu'il n'a pas d'unités, qu'il va acheter une recharge et qu'il revient....pas.

Aliou appelle Pierre, il est super content, il n'y croyait plus, ils la laisseront à la police de Thiaroye, elle y passera la nuit en sécurité, demain Pierre aménera les piéces attestant de sa propriété, et la récupérera en toute légalité, Becaye l'accompagnera, rendez vous à 9 heures.

Gora est ponctuel, comme à son habitude, 9 heures plus plus, Becaye arrive, départ pour le "salaire de la peur", la route de Dakar, et ces camions Maliens surchargés, 60km, 4 mégas accidents, et 2 heures plus tard, on arrive à la police de Thiaroye.

Batiment neuf mais déjà vieux, concours d'épaves de voitures de police, du monde beaucoup, un joyeux bordel, un fou tri des poubelles, et juste devant l'entrée, ma grand mére nue.

Plus de caches latéraux, plus de garde boue arriére, ils ont mis mamie à poil.

Je rentre dans l'arène, un comptoir en carrelaze, trop haut, on nous oriente Becaye et moi vers le bureau de l'adjudant chef Sarr.

Rideau ficelle tendance chemise de nuit de ma mamie, murs jaunes pisseux, 2 ordinateurs, des piles de dossiers, des enceintes, les journaux du jours, ça sent l'activité frénétique.

Prise des déposition, on fait la genèse, chacun son tour, d'abord moi, épeler le nom des parents etc, puis le propriétaire du local ou on a failli arrêter le voleur, puis Becaye pour terminer, tout a au stylo bic et langue tirée, ça doit ètre dans la formation.

-" il faut appeler le procureur " me dit l'adjudant, il essaye, n'a pas d'unité, je donne 3000 à Becaye qui va lui acheter une carte, c'est promo 100%, ça tombe bien.

Il répète l'histoire intégrale au procureur, qui lui dit de me restituer la moto, ça c'est la bonne nouvelle et de faire une procédure de restitution, celle là l'est moins.

Allumage de l'ordinateur, un diesel sans doute,et début de recherche du document type.

Une heure plus tard, aprés avoir été dans le bureau de ses collègues voir si ils n'ont pas un ordi plus rapide, et avec le formulaire, il finira par en bidouiller un.

Frappe à un doigt, relecture à voix haute de chaque phrase, reformulation de temps en temps,30 minutes plus tard, il allume l'imprimante, lance l'impression, les feuilles s'enchainent, blanches ou avec une phrase par feuille, elle ne s’arrête que quand il n'y a plus de papier.

Je donne un billet, Becaye va chercher du papier, dans le quartier, ça va durer 40 minutes, à son retour l'adjudant est mon pote, il va venir manger chez moi au resto.

J'ai fini par prendre sa place et m'occuper de lancer l'impression, j'y suis arrivé, et il est parti faire tamponner les formulaires.

A son retour, aprés le thé, avec les gens qui attendent depuis depuis, on se congratule, je le passe adjudant chef, je monte dans la voiture de Gora qui fait la gueule, Becaye met son casque, il me remonte la moto à Saly, on démarre et on a faillit partir.

Un collégue de l'adjudant nous arréte, il faut décharger la main courante, en gros a veut dire réécrire l'histoire encore une fois, au comptoir trop haut, avec 40 personnes qui passent parlent, entrent et sortent, çà durera un peu, quand on aime on compte plus.

En repartant un peu plus tard encore je dirais à Becaye :

-" la prochaine moto que tu retrouves, ne l’amène pas à la police, ramène la chez son proprio"

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Publié dans moto, police

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Y
Hâte que tu écrives l'épisode "deux" avec l'appel au voleur qui m'a fait hurler de rire...
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B
Sénégalaisement sénégalais ....raconté ainsi on s'y croirait ! Et finalement la mésaventure se transforme en gag : tu pourrais écrire une série TV !! Bises.
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B
Sénégalaisement sénégalais ....raconté ainsi on s'y croirait ! Et finalement la mésaventure se transforme en gag : tu pourrais écrire une série TV !! Bises.
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S
Contente pour toi. Amitiés
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V
ouhh!!! bé quelle histoire... heureusement qui se termine bien...Aliou et Bescaye ont du boulot en perspective....
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