Péril Jaune
C'était au tou début des années 2000,
"Looping" habitait à Guanzou, il nous avait invité, c'était notre plus grand voyage en avion, en route vers Canton, son nom "Toubab" en Chine, de l'autre coté.
Comme à chacun de nos voyages via Paris, nous avons profité de la capitale avec nos potes résidants, durant une nuit festive est délurée, histoire d'amortir les douzes heures de vol.
Vol Air France direct, ou le voyage commence dans l'avion. Des chinois à 80%, quelques aventuriers et autres travailleurs Toubab,
De ce vol il me reste une odeur, on pouvait manger à la "toubab" ou à la chinoise, j'avais choisi de commencer le voyage dans l'avion, du chinois, comme 90% de l'avion.
Aprés le film, et la courte nuit, au réveil, il était là, ce gaz digne d'une arme de destruction massive, envoutant, qui imprégne vos habits, les objets qui vous entourent, mème le bisou du réveil de Nat a le gout de cette odeur.
Arrivée à Canton, l'aéroport est en ville, respiration à la sortie de l'avion, à plein poumons,
c'est différent, mais à peine mieux, on est dans une ville chinoise moyenne, 12 millions d'habitants, un avion beaucoup plus gros, ceci explique cela.
On est crevé, nase, au bord de l'apoplexie, la bringue parisienne plus le vol en chambre à gaz, rien de plus normal, au terminal des bagages, bande son Céline Dion en chinois, on attend, longtemps, anormalement longtemps, sous la torture sonore et olfactive.
Derrière les baies vitrées, "Looping" nous fait des signes, nos bagages ne sont pas là, on le rejoint direction le bureau du chef d'escale d'Air France qui se trouve ètre son ami.
Accent de chez nous, un véritaple triple R, il s'appelle Cabrefigue, nous rassure, il s'occupe de tout, je suis rassuré, Nat aussi.
-" pas de prrroblème, on vous les fera livrrrer chez "Looping" demaing mating "
Aprés une nuit de retrouvailles, du mème tonneau que la parisienne, au matin, vers 9h, le téléphone sonne, c'est Cabrefigue.
Looping raccroche et nous fait le rapport
-" les bagages sont là, mais il y a un problème à la douane avec une valise,"
Nat et Looping me regardent..... Je les rassurent, je ne vois pas, j'ai rien pris de suspect ou d'interdit, ils font semblant de me croire, j'insiste, ils me croient.
Retour à l'aéroport, et c'est pas à coté, Cabrefigue nous attend, nous guide, et nous amène dans une grande pièce, néons blafards, sur une table au centre ma valise, encadrée par deux grands chinois, et ils sont rares, en uniforme majestueux, et casquette surdimentionnées, à partir de ce moment là, Cabrefigue passe en mode interpréte.
- "cette valise est à vous ?"
me dit l'officier chinois via l'accent du sud.
-" oui, elle est à moi"
Les chinois la prennent, à deux, comme si j'y avais la porcelaine de Limoges de mami, et l'amènent dans la pièce à coté, sur un chariot de radio, et me montrent l'intérieur de ma valise.
L'officier chinois pointe du doigt une partie de l'écran, me demande de m'approcher, et d'identifier un objet.
Looping m'avait dit qu'à Canton, il y avait un seul bar ou se retrouvaient les expats de "Toubabie", "la Terrasse", à coté de la cathédrale, qu'on y buvait des mauresques en jouant aux boules. J'avais décidé de ramener à mon ami en guise de cadeaux, un coffret Obut complet, le douze boules, un réveil de voyage qu'il m'avait commandé, et c'était ça que le militaire me montrait.
Cabrefigue, avec une grimace genre je vais exploser de rire me dit
-" Pierrrrre ne rrrit pas ..... ils se demandent si c'est une bombe."
Surtout ne pas rire....
il faut dire qu'on aurait pu y croire, ça ressemblait à une bombe du "docteur No" dans un James bond.
ne pas rire, en expliquant, les objets, leurs fonctions, le sport, les règles, les mimiques de la gestuelle, on leur a fait un show.
Le lendemain, sur le parvis de la cathédrale, on sortira les bombes, et on rira, beaucoup.
